Plus les enfants restent longtemps assis devant la télévision, plus la probabilité qu’un trouble de la santé se développe – il ne doit pas nécessairement être lié à un excès de poids, des difficultés d’apprentissage et des problèmes de comportement se produisent également.

Consommation de la télévision par les enfants

Près de 40 % des jeunes de 10 ans ont déjà leur propre T.V, ordinateur ou console de jeu – et ces chiffres sont étroitement liés au niveau d’éducation de leurs parents : Mieux c’est, plus vite la chambre des enfants sera libérée de la télévision.

Les enfants qui ont leur propre petit écran dans leur chambre regardent beaucoup plus la T.V que les enfants dont la consommation de télévision se fait sur le téléviseur familial. La télévision est logiquement plus susceptible de se dérouler devant des adultes, qui sont plus susceptibles d’intervenir si un programme n’est pas adapté aux jeunes.

L’ addiction à la télévision (ou dépendance à la télévision): désigne un trouble psychologique (pathologie communicationnelle et addiction comportementale) entraînant chez certains téléspectateurs un besoin répétitif et compulsif (incontrôlable voire obsessionnel) de regarder la télévision, au point que cette activité empiète et interfère négativement avec leur vie quotidienne, professionnelle ou affective.

Éléments de définition

En 1928, cette couverture présente la télévision du futur proche comme un vecteur commercial.

Certains auteurs voient dans le sport médiatisé et dans le média télévisuel et certains des divertissements qu’il offre un moyen de prolonger le principe du panem et circenses de l’Empire romain, ou un nouvel “opium du peuple”

Derrière la télévision, il existe aussi une industrie, qui cherche à fidéliser ses téléspectateurs et à vendre de nouveaux produits, dont des écrans plats de plus en plus grands, augmentant la sensation d’immersivité.

La télévision ou le film ont des vertus apaisantes ou permettre de faire passer le temps. Dans ce contexte (usage momentané), elle n’est a priori pas addictive.

Ici l’écran qui diffuse le programme de la chaîne City TV est géant, imposé au public, comme la publicité. Le temps passé devant la TV a diminué, au profit de l’Internet et du smartphone.

Pour Goodman (1990) l’addiction est un phénomène polymorphe que l’on peut décrire comme « processus par lequel un comportement, qui peut fonctionner à la fois pour produire du plaisir et pour soulager un malaise intérieur, est utilisé sous un mode caractérisé par 1) l’échec répété dans le contrôle de ce comportement et 2) la persistance de ce comportement en dépit de conséquences négatives significatives ».

En 1997, JF Sarpi se demande si la télévision est une drogue dure ou une drogue douce. En 2004, C Horvath (2004) estimait que la Recherche devait encore définir les paramètres permettant de différencier un comportement normal face à la télévision d’un comportement réellement addictif.

La dépendance à la télévision ne figure pas parmi les maladies officiellement recensées dans les guides de diagnostic médical, par exemple par le DSM-IV.

Les adultes se comportent de la même manière

Actif et féminin – Les participantes à la diligence qui étaient physiquement actives pendant plus d’une heure par semaine et qui regardaient la télévision pendant moins de deux heures par jour avaient un IMC inférieur de 1,92 kg/mètre carré à celui des femmes qui déclaraient ne pas faire d’activité physique ou en faire peu et qui consommaient la télévision pendant plus de quatre heures par jour.

Actifs et hommes – Les hommes actifs qui regardent peu la télévision ont un IMC inférieur de 1,44 kg/mètre carré à celui de leurs homologues inactifs et qui regardent la télévision. Des effets similaires ont également été observés en ce qui concerne la pression artérielle. Tous les groupes sportifs qui regardent la télévision plusieurs heures par jour ont une pression artérielle plus élevée, ce qui peut entraîner le développement de maladies cardiovasculaires.

Des exemples sur les bienfaits et les conséquences négatives:

Séries télévisée:

On appelle cela le « binge-watching », la consommation en rafale d’un même programme, généralement des séries.

Les bienfaits:

-C’est un bon moyen de réduire le stress.

 En enchaînant plusieurs épisodes d’une même série, le spectateur s’immerge plus profondément dans un univers qui, même s’il est proche du sien, lui permet de mettre ses soucis de côté quelque temps. Et de les considérer, un peu plus tard, avec plus de recul et l’esprit plus apaisé.

-C’est bon pour renforcer la mémoire

Regarder plusieurs épisodes d’affilée permettrait d’améliorer son niveau de concentration et même d’affiner ses capacités oculaires. C’est l’analyse d’une étude de 2015, commandée par… le PDG du service de vidéo à la demande Netflix, Reed Hastings. Pas forcément la plus objective, donc, mais qui a le mérite de faire preuve d’un certain humour.

-Ça encourage l’empathie et la compréhension humaine.

Améliore dans l’exercice. Au point de mieux reconnaître, selon l’étude, les émotions perçues dans les yeux d’inconnus croisés ou rencontrés.

-Ça renforce le lien familial

Bien que s’enfermer pour avaler cinq ou dix épisodes d’affilée puisse très bien se faire en solo, c’est une activité que beaucoup apprécient de faire en couple voire en famille. Certaines séries sont ainsi pensées pour convenir à tous les publics, avec très peu de scènes sensuelles embarrassantes à regarder avec ses enfants (bien que Game of Thrones, pourtant violente et souvent ponctuée de scènes sexuelles, soit un exemple récurrent de consensus familial). Un bon moyen de créer une connexion autour de références culturelles qui transcendent les générations et modernisent le lien familial.

Ça maintient un lien social

Les séries entrant toujours plus loin dans la culture populaire, il est difficile d’échapper au phénomène. Qui devient excluant si l’on n’a jamais posé l’œil sur la série du moment, dont les références pullulent sur internet et dans les conversations. Le fait que les saisons soient aujourd’hui proposées en intégralité sur certaines chaînes de VOD (video on demande) ou en ligne, permet de rattraper son retard en une soirée, si l’on n’a pas reçu le coffret intégral en DVD à Noël. Et de pouvoir lâcher, à la machine à café, une référence à ladite série, qui prouve qu’on n’est pas encore à jeter !

Le temps moyen passé par jour devant le poste de télévision varie selon les tranches d’âge : 2 h 18 pour les 4-14 ans, 2 h 45 pour les 15-34 ans, 4 h 59 pour les plus de 50 ans (chiffres Médiamétrie 2011) ; ces chiffres sont un indicateur des usages et permettent de se situer par rapport à une norme ; néanmoins, c’est dans le rapport à soi, aux autres dimensions de la vie, à ses relations, que s’évalue qualitativement un possible problème.

Une étude parue le 14 janvier 2020 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France va plus loin en montrant que les enfants exposés aux écrans le matin avant l’école (20 minutes devant la télévision, une console de jeux, une tablette, un smartphone ou un ordinateur) auraient trois fois plus de risque de souffrir de troubles du langage. Si en plus de cette exposition aux écrans, les enfants discutent « rarement, voire jamais », du contenu des écrans avec leurs parents, le risque de troubles du langage est alors multiplié par six.

Certains professionnels de l’enfance et spécialistes de nos rapports aux écrans, tel le psychiatre Serge Tisseron, recommandent donc :

  • de proscrire la télévision avant 3 ans ;
  • de ne pas dépasser 1 h à 1 h 30 par jour entre 3 et 5 ans et pas le matin avant l’école ;

Important : il faut également prendre en compte et intégrer le temps que l’enfant passe sur sa console de jeux.

  • de ne pas mettre la télévision dans la chambre de l’enfant ;
  • d’établir des règles claires quant au temps passé à regarder la télévision et au choix des programmes.

Enjeux sanitaires

Selon les données scientifiques, la télévision :

  • altère le sommeil, notamment chez les enfants, provoquant des heures irrégulières ou tardives de coucher ou en suscitant de l’agitation avant le coucher. Une étude de 2008, qui a porté sur l’impact de la télévision sur les jeunes enfants (4 à 35 mois) montre que « les enfants de moins de trois ans regardant beaucoup la télévision auraient un sommeil agité et se réveillent plusieurs fois durant la nuit ».
  • diminue la confiance en soi et la participation à des organisations sociales, selon une l’analyse de données indonésiennes.
  • augmente le risque de diabète de type II, de maladies cardio-vasculaires et la mortalité.

-Ça pourrait, à l’inverse, rendre dépressif.

L’étude d’une Université de l’Ohio a montré récemment qu’après plusieurs heures de visionnage d’une même fiction, les spectateurs sentaient monter une certaine anxiété voire un coup de blues inexpliqué.

-Ça peut faire grossir.

Après plusieurs épisodes d’une série, quelle qu’elle soit, le spectateur est souvent confronté à une petite fringale, et/ou une envie de se servir un verre d’alcool ou de soda, suivant le modèle américain le plus représenté à l’écran et très ouvert aux placements de produits, notamment alimentaires… Consommer de l’écran, c’est risquer de consommer tout court.

-C’est de l’écran, donc c’est mal.

Enfin, il reste toujours de nombreuses études qui affirment que rester assis et regarder un écran de télé ou d’ordinateur trop longtemps augmente les chances de mort prématurée.

Sous couvert de bonnes intentions et sans que je m’en aperçoive, mon monde ne tournait plus qu’autour de ces petites black box qui nous rendent fous. Mon ordinateur était devenu mon meilleur ami et mon téléphone mon doudou.

Pour rien au monde vous ne voulez manquer votre jeu télévisé, votre émission culturelle ou la dernière série policière ? Votre enfant, à peine rentré de l’école, s’installe devant la télévision pour regarder des dessins animés ? La télévision, comme pour bon nombre de Français, occupe une place importante dans votre vie.

La santé du cerveau menacée par les écrans
 Le cerveau d’un enfant trop exposé à des émissions à la télévision, à des jeux sur la tablette, l’ordinateur ou le cellulaire comprend le monde qui l’entoure à partir de ces images.
Mais il sait que ce n’est pas facile d’enlever un écran des mains d’un enfant, car ce dernier développe rapidement une dépendance à celui-là. «Le but, c’est pas de culpabiliser personne. Ni les parents ni les enseignants, qui s’en servent pour avoir un break, et c’est légitime parfois. Mais il faut juste faire attention aux abus et retrouver l’équilibre.»

Lutte contre l’addiction

Parmi les recommandations les plus souvent citées, figurent les moyens suivants :

  • Prendre conscience et faire prendre conscience du phénomène de « dépendance », par exemple en mesurant le temps passé devant l’écran ou en listant les programmes regardés et en évaluant le degré de plaisir ou de frustration éprouvé (comme pour se libérer d’autres addictions, c’est une première étape nécessaire).
  • Promouvoir l’activité physique et des activités créatrices.
  • Apprendre à dominer la frustration et à changer d’activité
  • Renforcer les limites : comme avec les jeux vidéo, la conscience du temps qui passe peut diminuer. Faire sonner une minuterie après un délai jugé raisonnable serait souvent plus efficace chez les enfants que de leur annoncer oralement qu’il serait temps de passer à autre chose.
  • Sélectionner avec attention ce que l’on veut voir à l’aide des programmes ou rediffusions, ou d’enregistrements programmés, plutôt que de zapper ou regarder au hasard. Beaucoup de gens ne vont en fait jamais voir ce qu’ils ont enregistré pour regarder plus tard.
  • Beaucoup de familles ont réussi à limiter le temps passé devant l’écran en la plaçant dans un placard, dans une pièce éloignée de la maison, ou plus drastiquement en mettant fin à l’abonnement numérique, voire en supprimant leur télévision.
  • Encourager l’éducation à l’image et à l’information et aux médias, dès l’école afin que les enfants soient mieux capables de décrypter les messages (publicitaires notamment) et plus facilement échapper à l’addiction, en utilisant de manière plus raisonnée et maîtrisée les médias.