Il semblerait selon un vieux récit que suite à l’assassinat à Paris d’un homme, son apprenti est soupçonné et condamné à mort malgré ses protestations. Condamné à avoir le coup tranché, il y avait foule ce jour là pour assister à cette exécution. Lorsque le bourreau lève sa hache, il aperçoit une coccinelle posée sur le cou du jeune homme. À première vue, le bourreau ne pouvait se décider à trancher le cou du jeune homme, il enleva donc la coccinelle très délicatement et lorsqu’il relève sa hache, quelle n’est pas sa surprise de constater que la coccinelle était de retour sur le cou de ce pauvre jeune homme. Le bourreau eut beau insister, mais la coccinelle était obstinée, au point que le roi d’alors, Robert le Pieux, intervint et souligna que la coccinelle accomplissait là une mission divine et qu’il s’agissait d’un miracle. Le jeune homme fût gracié, et quelques jours plus tard le véritable coupable fut découvert. Dès lors les gens de Paris parlaient de la « bête du bon Dieu » et plus personne ne pensait à écraser ce petit insecte sans que cela apparaisse comme un sacrilège .

Voici un poème que je trouve très frais :

La coccinelle

de Victor Hugo

Elle me dit : Quelque chose

Me tourmente. Et j’aperçus

Son cou de neige, et, dessus,

Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,

A seize ans on est farouche,

Voir le baiser sur sa bouche

Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;

Dos rose et taché de noir.

Les fauvettes pour nous voir

Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :

Je me courbai sur la belle,

Et je pris la coccinelle ;

Mais le baiser s’envola.

– Fils, apprends comme on me nomme,

Dit l’insecte du ciel bleu,

Les bêtes sont au bon Dieu,

Mais la bêtise est à l’homme.