Grossesse pathologique de l’infirmière libérale

Quoi de plus beau pour une femme que de vivre sa maternité (c’est un homme qui écrit). Sérieusement, la maternité est une étape magnifique dans la vie d’une femme. Mais les infirmières libérales ne peuvent pas vivre cette maternité en totale décontraction. Pour plusieurs raisons mais au moins une qui fait l’objet de cet article : La perte économique de l’arrêt d’activité d’une auxiliaire médicale. L’infirmière libérale dépend de la CARPIMKO pour la prise en charge de sa prévoyance. On n’entend par prévoyance :

  • L’incapacité temporaire d’activité. On peut la définir comme un arrêt de travail total subit pour cause de Maladie ou d’accident nécessitant un repos forcé et donc un arrêt d’activité professionnelle temporaire. C’est donc un état temporaire ou ITT.
  •  L’invalidité partielle ou totale

Il ne faut retenir ici que l’incapacité car la grossesse pathologique est à mon sens un arrêt nécessaire car votre santé est en jeu du moins celui de la Mère et bien entendu celui de l’enfant. Avant 2014, une infirmière libérale ne pouvait percevoir aucune indemnisation au titre d’un arrêt de travail dont le fait générateur était une grossesse difficile. Depuis 2014, l’infirmière libérale peut prétendre à une prise en charge d’un montant de 1330 € par mois sur une période maximale de 87 jours pour la prise en charge de la grossesse dite pathologique. Pourtant l’incapacité correspond à une interruption involontaire d’activité. La grossesse pathologique entre dans la définition de l’incapacité. C’est injuste car une si faible prise en charge n’est pas de nature à ne pas se mettre en danger par la poursuite d’une activité professionnelle en lieu et place d’un repos forcé. Il est préférable d’avoir anticipé les risques en mettant de côté quelques économies. Il est encore plus difficile d’entendre « je le sais, mais je suis indépendante, ah si j’étais salariée ce serait différent ».

C’est une avancée mais elle demeure symbolique tant le coût d’un arrêt de travail peut avoir des conséquences importantes en matière de perte de revenu. C’est avec des symboles que l’on fait évoluer les mentalités mais en aucun cas le symbole paie les factures.

Déjà que la prise en charge de la maternité est très peu indemnisée alors une grossesse difficile peut vraiment rendre ce joli moment une période très inconfortable financièrement et donc psychologiquement pour la future maman.

Dernièrement au cours d’une conversation avec une kiné libérale enceinte, j’ai pu constater le manque d’information criant en matière de connaissance du régime de la CARPIMKO. Cette amie Kiné m’indiquait alors qu’elle se retrouvait dans une situation difficile car son contrat de prévoyance ne prenait pas en charge les frais professionnels. Cette question n’est intervenue que lorsqu’elle est tombée enceinte. Son assureur n’a pas pu lui proposer un avenant au motif que les examens médicaux et le QS devrait faire état de sa grossesse. Donc son avenant aurait été refusé. Finalement elle se demande comment elle va faire pour prendre ne charge les frais professionnels de son Cabinet pendant son Congé maternité. Déjà que la perte de revenu pendant son Congé légal est susceptible de mettre à mal son activité professionnelle alors l’accumulation va être une épreuve financière importante.

C’est pour cela qu’il faut considérer la prévoyance comme une obligation et non comme une option. Car la grossesse pathologique n’est qu’un exemple parmi d’autres. Au cours d’une vie professionnelle personne ne peut imaginer qu’il ne sera pas impacté par une privation d’activité. Certains auront prévu cette possibilité et d’autres devront compter exclusivement sur leur contrat de prévoyance Madelin.

Donc il faut retenir qu’il n’y a pas de fatalité. Il faut simplement comprendre le fonctionnement de son régime obligatoire. A partir de ce constat vous pourrez construire une stratégie permettant un maintien de revenu dans les situations courantes de la vie.

Mais il ne faut as non plus se précipiter car les solutions en matière de prévoyance sont multiples et les contrats de sont pas égaux. Il faut gratter la surface pour comprendre à la fois le niveau de prise en charge du régime général en l’espèce la CARPIMKO mais aussi le fonctionnement du contrat de prévoyance dans les différents cas possibles.

L’infirmière libérale doit donc se poser les bonnes questions sur sa protection sociale et mettre en place les solutions adéquates en ayant compris l’intérêt de se couvrir. La grossesse doit être anticipé et vue comme un projet nécessitant une prise en charge adaptée. Cela lève un peu de la Magie mais la réalité doit diriger votre action et l’anticipation est la meilleure arme pour vivre votre grossesse dans les meilleures conditions.

Il est impérieux de se soucier dans le détail du fonctionnement d’un contrat pour en comprendre la portée plutôt que de découvrir le jour J les carences ou les incompréhension du contrat au jour de sa signature. C’est un enjeu car les différences sont de taille. L’incapacité, l’invalidité partielle ou totale mais aussi les exclusions spécifiques des contrats sont autant de questions auxquelles il faut apporter les bonnes réponses. Et d’ailleurs un bon contrat n’est pas plus chère qu’un mauvais c’est la plupart du temps l’inverse même qui se produit. la différence réside souvent dans le conseil de la part du spécialiste en face de vous. L’est-t-il oui ou non? tout l’enjeu est souvent dans la relation.